Lundi 21 mai 2007
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Le retour du loup dans les Alpes françaises :
Un problème de société entre l’Homme et la Nature !
A la suite de son extermination par l’Homme, le loup a disparu du territoire français peu avant 1940.
La réapparition du loup en France est due à l’extension progressive au cours des trente dernières années des populations italiennes venues des Apennins. La colonisation
s’est opérée le long de la chaîne alpine française, et on recense aujourd’hui environ 40 loups installés de façon pérenne dans les Alpes françaises. On estime l’accroissement de la population de
loups en France entre 20% et 30% d’un hiver a l’autre. Le loup est une espèce animale se déplaçant beaucoup et c’est ainsi que des loups furent tués dans les années 1990 dans les Vosges, Massif
Central et Pyrénées Orientales et tous étaient de la lignée italienne.
Le loup est une espèce menacée à l’échelle mondiale et donc a cet effet c’est une espèce protégée.
Le loup est une espèce protégée au niveau européen, par la convention de Berne du 19 septembre 1979 (annexe II) et la directive européenne sur la conservation des habitats de la faune et de la
flore (annexes II et IV) qui imposent que soient interdites toute forme de détention, de capture, de mise à mort intentionnelle, de perturbation intentionnelle, de commerce des spécimens prélevés
dans la nature d’espèces de faune sauvage, parmi lesquelles le loup. La directive Habitats impose aussi l’interdiction de détérioration ou de destruction des sites de reproduction ou des aires de
repos de l’espèce ainsi que la désignation de sites Natura 2000. Au titre de la convention de Berne et de la directive 92/43/CEE du 21 mai 1992, l'habitat des espèces concernées fait aussi
l'objet d'une obligation générale de conservation.
Cependant, des dérogations à l'interdiction de capture ou de destruction (art. 9 de la convention de Berne et art. 16 de la directive Habitats) peuvent être accordées notamment pour prévenir des
dommages importants à l’élevage ou dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publique, à condition toutefois qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas
au maintien de l'espèce dans un état de conservation favorable. De ce fait, on ne peut envisager une mesure générale de destruction et seules des dérogations peuvent être accordées pour répondre
ponctuellement aux problèmes qui se posent. Les Etats membres sont tenus de rendre compte a posteriori des dérogations accordées.
Au titre du Plan Action Loup 2004-2008 (P.A.L.) visant à maîtriser la population des loups la France a pris des dérogations accordées par les préfets en 2004 notamment, permettant dans tel
département de tuer un loup ainsi 3 loups furent tués depuis le début de l’année alors certes la Convention de Berne protège les loups mais dans la réalité les dérogations accordées peuvent avoir
un effet dévastateur sur la faible population française du loup !
A l’échelle nationale, la protection du loup est assurée par le code de l’environnement.
Les articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l'environnement et l'arrêté du 17 avril 1981 modifié fixant la liste des mammifères protégés ont transposé les dispositions de la convention de Berne
et de la directive Habitats. L’arrêté de 1981 a en effet été modifié en 1996 pour interdire sur tout le territoire et en tout temps, la destruction des loups, notamment. Cet arrêté a également
introduit pour cette espèce des dispositions dérogatoires prévues par la Convention de Berne et la directive Habitats.
Ces articles reprennent la Convention de Berne en la transposant au droit interne avec toujours cette possibilité de dérogations qui fragilisent fortement le pouvoir de
protection de la biodiversité faunistique notamment.
Le cadre juridique étant posé voyons ce qui caractérise le retour du loup et entraîne sa médiatisation ponctuelle : le double enjeu écologique entre loup et
pastoralisme.
Le retour naturel du loup est du a un écosystème alpin riche, équilibré permettant à un prédateur tel le loup de s’établir dans la région cependant cette installation
pérenne, « ce dynamisme démographique et cette formidable vitalité des populations de loup introduisent un déséquilibre dans la gestion de ces espaces telle qu’elle
préexistait. ». En effet comme le souligne M. le Ministre de l’écologie dans la conférence de presse du 19 juillet 2004 dont ces citations sont extraites ; le loup a fortement
déséquilibré l’écosystème alpin et loin d’être une spéculation politique cela est une réalité écologique admise par tous. « Tout le monde sait que le loup attaque les troupeaux de
brebis et y provoque de nombreux dégâts. Non maîtrisées, non prévenues, ces attaques induisent lorsqu’elles se multiplient des menaces sur la pérennité même des systèmes agricoles concernés […]la
présence (des bergers et de leurs troupeaux) assure l’entretien et la pérennité d’espaces montagnards ouverts, donc plus diversifiés et plus riches, plus sûrs aussi car en secteurs menacés
d’incendie le pâturage contribue à entretenir des pare-feu. Mon analyse est que leur fonction est essentielle à l’équilibre et à la richesse de l’écologie de l’espace montagnard, équilibre et
richesse qui ont aussi favorisé le retour du loup. »
A titre indicatif plus de 500 attaques de loups sur les troupeaux ovins sont constatées et indemnisées chaque année dans l’arc alpin français. Ces attaques entraînent un coût économique important
pour les bergers avec une restructuration du mode de pastoralisme : présence humaine autour des troupeaux plus forte, parcage électrifié etc…
Enfin le déséquilibre écologique réside dans le fait que les troupeaux ovins assurent le maintien des pâturages et par-là même le maintien de l’écosystème alpin.
Donc, outre les effets sur l’économie pastorale, le retour naturel du loup dans les Alpes entraîne une situation à double enjeu écologique.
Face à cette situation, le 08 novembre 2004 les ministères de l’écologie et de l’agriculture ont validé le Plan d’Action Loup 2004-2008.
Ce plan fait le constat de la situation et propose des solutions à engager durant ces 4 années. Il s’agit notamment de maîtriser la démographie et l’expansion territoriale lupine grâce, par
exemple, aux dérogations de la convention de Berne et de trouver les conditions d’une bonne compatibilité entre la présence pérenne du loup et le maintien des activités pastorales de haute et de
moyenne montagne ; le pastoralisme étant un gage d’équilibre pour l’écologie montagnarde.
Ce plan fut validé très récemment donc il est impossible de connaître les effets obtenus mais d’ores et déjà la maîtrise du territoire et de la démographie du loup semble bien illusoire car la
croissance de la démographie est forte et surtout le loup se déplace souvent donc il est évident que les Alpes ne seront pas le seul territoire touché et donc il s’agit là d’un réel problème de
société comme le suggère M. Serge Lepeltier, ministre de l’écologie dans son discours.
A ce titre le ministre prévoit d’ouvrir un débat public sur l’extension du loup au-delà de l’arc alpin car c’est une évidence le loup a déjà dépassé l’arc alpin mais c’est un animal discret,
fuyant l’Homme donc très difficile à repérer.
Le gouvernement n’a donc pas tranché entre la colère des bergers et les défenseurs du loup et privilégie pour le moment le projet d’un "équilibre" et d’une cohabitation entre loups et hommes.
Maintenant il faut donc attendre pour voir les résultats de ces projets et savoir quel avenir l’Homme réserve au loup cette fois après l’avoir déjà exterminé jadis !