Articles de géographie

Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /2008 12:02
La notion de développement durable apparait pour la 1ère fois dans le rapport Bruntdland (du nom du 1er ministre de Norvège), publié en 1987. C'est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
La majorité des français a entendu parlé du développement durable mais peu connaissent la définition exacte.
Pour beaucoup, ce développement est uniquement axé sur la préservation de l'environnement et sur la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables. C'est effectivement le cas, mais il s'inscrit également dans une perspective de justice sociale et de progrès économique. Le développement durable s'appuie donc sur 3 piliers: environnement, économie et et social.
La réflexion sur le développement durable se concrétise lors de Sommets de la Terre, qui sont des conférences internationales. Le 1er est celui de Nairobi, au Kenya, en 1982, le 2nd, celui de Rio, en 1992 et le 3ème celui de Johannesburg en 2002.
Le Sommet qui a eu le plus d'impact est celui de Rio: il a établit les principes de précaution, de pollueur-payeur et de responsabilité internationale. Il a également adopté l'Agenda 21.
Qu'est-ce qu'un Agenda 21?
C'est un programme d'actions destiné à renforcer la prise en compte du développement durable sur un territoire. Il intervient à l'échelle locale et intègre la participation des habitants.
Par Manu - Publié dans : Articles de géographie
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Lundi 24 mars 2008 1 24 /03 /2008 14:12
Par Jeremy - Publié dans : Articles de géographie
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Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /2008 12:33

La démarche Agenda 21

 

 

L’Agenda 21 est un programme d’actions pour le 21ème siècle orienté vers le développement durable. Il a été adopté par les pays signataires de la Déclaration de Rio de Janeiro en juin 1992. Ses principales fonctions sont la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la production de biens et de services durables, la protection de l’environnement.

L’Agenda 21 doit donc être une politique de développement et d’aménagement local s’appuyant sur les quatre principes du développement durable. Ces principes sont les suivants :

-       La solidarité dans le temps (entre les générations) et dans l’espace (entre les territoires et les hommes).

-       La responsabilité, la prévention et la précaution qui privilégient l’action préventive à l’action curative (gestion des risques…).

-       La transversalité qui implique de conjuguer écologie et social pour un monde vivable, social et économie pour une société équitable.

-       La gouvernance, combinaison de démocratie élective, de participation des citoyens et d’approches rationnelles de la décision, sur la base de l’information, de la transparence et de la lisibilité de l’action publique, conditions nécessaires pour la mobilisation de chacun, pour laquelle doivent s’appliquer les principes de transversalité, de subsidiarité et d’évaluation permanente.

 

 

 

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Un projet Agenda 21 a pour ambition :

-       D’économiser les ressources naturelles.

-       De renforcer l’attractivité des territoires.

-       D’améliorer la qualité de vie des populations par une cohésion sociale et solidarité accrue

-       D’organiser la participation de tous les acteurs du territoire.

 

Pour atteindre ces ambitions, les champs d’action englobés dans un Agenda 21 local sont nombreux et divers, on en dénombre en général 21 mais cela n’est pas exhaustif :

-       Air, eau, nature et biodiversité

-       Transports, déchets, énergie et changement climatique

-       Economie, commerce, industrie, tourisme et agriculture

-       Urbanisme, HQE, écogestion, risques et logement-habitat

-       Education, culture et patrimoine, solidarité, santé et coopération décentralisée.

Mais chaque Agenda 21 est une politique « sur mesure » définie pour chaque territoire en fonction des caractéristiques, des besoins et des objectifs.

L’Agenda 21 est une politique durable dans le temps, cohérente dans l’espace et rassemblant tout les acteurs d’un territoire.

 

 

 

Les acteurs de l’Agenda 21 local

 

Basé sur le rassemblement et la promotion de la démocratie locale, l’Agenda 21 comprend un grand nombre d’acteurs.

-       Tout d’abord, cette politique publique doit être le fruit de l’impulsion du premier élu puisque cela demeure avant tout une action publique de structuration d’un territoire.

-       Ensuite, il faut une large cohésion des élus et des services publics locaux autour de ce projet pour que tous aillent dans le même sens.

-       Enfin, il ne faudra pas oublier la concertation, avec les citoyens et les associations d’une part qui doivent se sentir intégrés à cette politique ce sans quoi certains objectifs ne peuvent être remplis et avec les administrations d’autre part, DDE, DIREN et préfecture en sont quelques exemples incontournables pour la validation du projet et la réalisation des actions.

-        

Il faut donc établir une forte communication sur le projet et entre les acteurs afin d’obtenir la cohésion des différents intervenants.

Ces missions de communication, de concertation et de suivi du projet seront à la charge du comité de pilotage de l’Agenda 21. Ce comité comprend des élus, des membres des services municipaux locaux, des représentants de la préfecture, DIREN et DDE et parfois le chargé de mission ou bureau d’études ainsi que d’acteurs locaux (citoyens, commerçants…)

 

  

  

Les étapes de la mise en œuvre

 

 

Un Agenda 21 se construit généralement sur une période de 2 ans.

Son élaboration suit un processus prédéfini et commun à tout les projets.

 

 Le diagnostic :

Après avoir été officiellement mandaté par l’équipe dirigeante pour engager l’Agenda 21 local, le groupe de pilotage produit un diagnostic de la collectivité, outil préalable à la mise en œuvre de la démarche.

Ce diagnostic va permettre d’analyser les réalités territoriales et les attentes économiques, sociales, environnementales.

De ce diagnostic seront déduits les objectifs à atteindre pour améliorer la performance de la collectivité.

C’est une étape primordiale s’étalant sur plus d’une année qui définit l’Agenda 21 et engage la collectivité dans ce programme.

 

La mise en place de la mobilisation des citoyens et de la concertation :

Il s’agit ici de définir et de mettre en place les moyens pour informer, consulter, mobiliser les habitants et les acteurs socioéconomiques.

Généralement, la concertation est animée dans le cadre d’un Forum, représentatif de l’ensemble des composantes du territoire, qui lui-même anime et coordonne des “ateliers”, groupes de travail thématiques plus restreints, composés à la fois d’”échantillons” de citoyens et de spécialistes.

Un certain nombre de démarches sont indispensables :

• informer l’ensemble de la population sur la décision politique, en préalable à la consultation et à la concertation : pourquoi un Agenda 21 local ? A quels enjeux répond le développement durable ? Comment les citoyens y seront associés ?

• exprimer le projet, dans ses différentes étapes, à partir des attentes (sortir des langages techniciens et proposer des approches par projets, à l’échelle de la collectivité …)

• veiller à la lisibilité et à l’accès par l’ensemble des populations concernées, des informations ou des propositions qui seront mises en débat, sans aboutir à une simplification réductrice (affichage public, site internet…) ;

• respecter les équilibres socio-économiques, dans la représentation des  groupes

• définir une charte de la concertation, qui va en préciser les objectifs et le fonctionnement (calendrier, moyens, groupes associés).

 

 

  

L’organisation des travaux en ateliers, coordonnés par le forum :

Le diagnostic va permettre au groupe de pilotage d’analyser les enjeux de développement durable du territoire, les attentes exprimées et les axes à investir. Chacun de ces axes de travail sera géré par un atelier spécifique, qui va déterminer des objectifs, proposer des actions et concevoir une synthèse des travaux.

Ces synthèses seront ensuite présentées au Forum, qui disposera ainsi d’une vision globale et transversale des actions proposées, lui permettant d’élaborer un projet de programme.

Les propositions devront responsabiliser l’ensemble des citoyens : collectivité, mais aussi habitants et acteurs socioéconomiques (industriels, commerçants et artisans, établissements scolaires…).

Dans le même temps seront définis (dans le cadre des ateliers ou du Forum) les indicateurs d’évaluation et de suivi qui guideront l’Agenda 21 local dans sa continuité.

 

La validation du projet et sa soumission aux élus :

Le projet de programme va être soumis aux services de la collectivité qui vont en étudier la validité et la faisabilité réglementaires, financières, techniques.

Ce projet expertisé est ensuite soumis aux élus, qui vont hiérarchiser les priorités et les calendriers de mise en œuvre des différentes propositions.

Les élus et les services devront ici travailler en étroite coordination pour assurer la transparence et la lisibilité des décisions, conditions d’une adhésion du Forum au programme.

En particulier, chaque action retenue devra être “assortie” d’un cahier des charges, précisant les objectifs attendus, le calendrier de réalisation, le budget accordé, les partenaires associés…

On établira des objectifs à plus long terme pour les actions non retenues dans la première version de l’Agenda 21.

 

L’Agenda 21 local : un programme d’actions à communiquer et à faire vivre :

A partir de l’approbation des élus, le groupe de pilotage peut engager la mise en œuvre et la communication de l’Agenda 21 local, qui va constituer à la fois le tableau de bord de la politique de développement durable de la collectivité et l’outil de mobilisation de tous les acteurs impliqués dans son processus, pour la réalisation des objectifs.

 L’Agenda 21 local peut à ce stade être lancé officiellement, par  exemple dans le cadre d’une réunion des élus, du Forum et des ateliers qui auront contribué à son élaboration.

 

Le processus d’évaluation :

Selon une périodicité qui aura été définie au sein du Forum, l’Agenda 21 local et ses différentes composantes seront évalués.

L’évaluation permet de mesurer, à un moment donné, le chemin parcouru pour atteindre un objectif ou une série d’objectifs, dans une démarche d’amélioration continue. Elle repose sur une grille d’indicateurs, qui servent à la fois aux élus, aux services municipaux et au Forum, pour évaluer le programme d’actions et éventuellement corriger les orientations ou les moyens. Chaque action se doit ‘être évaluée après sa mise en place, au cas par cas.

La concertation sera partie intégrante de l’évaluation et de la poursuite de l’Agenda 21 local. L’évaluation permet aussi de lancer des révisions régulières de l’Agenda 21 local tous les 5 ou 10 ans.

 

Par Jeremy - Publié dans : Articles de géographie
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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /2008 17:23
Un exemple de Développement Durable : Le BedZED (Bedington Zero Energy Developement)
 
 
 
       En 2002 au sud de Londres plus précisément dans la ville de Sutton émerge une démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) menée conjointement par la société de logement Peabody trust et par l’ONG environnementaliste BioRegional Development Group.
En effet ce quartier de type « éco-lotissement » de 1,7 hectares répond tout à fait aux trois piliers du développement durable. Ainsi il répond au respect de l’environnement puisque l’empreinte écologique est réduite de moitié. En fait le bilan carbone est de zéro, un tri des déchets est organisé de la cuisine au conteneurs, de la biodiversité est prise en compte (terrain de sport, toitures et terrasses privatives végétalisées), appareillages hydroéconomes, station d’épuration des eaux usées spécifiques, location des places de parking sauf si le véhicule est électrique, panneaux Photovoltaïques (Solaire).  
D’autre part le social, second pilier est respecté puisque 50% des logements sont destinés aux familles modestes et le reste à des foyers plus aisés.
Ensuite vient le pilier économique,il s’avère que la conception même des bâtiments permet de faire cohabiter à la fois des logements mais également des bureaux, des commerces, des activités socioculturelles (salle de sport, crèche…) et puis une collaboration avec des producteurs locaux a permis de créer un système de collecte et de livraison à BedZED de produits frais issus de l’agriculture locale. De plus le site est correctement desservi par les divers moyens de transport en commun, puisque est organisé un système de voiture citadine en autopartage ce qui favorise les échanges avec le reste du quartier.
Ainsi l’objectif est de permettre aux habitants de mener un mode de vie durable sans pour autant sacrifier à la modernité, à la mobilité et à l’urbanité.
 
Nous allons rappeler à nos internautes la notion de Développement Durable, il s’agit de répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations futures, de pouvoir répondre à leurs propres besoins.
 
Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet rendez-vous sur les sites suivants :
 
Les sites officiels :
Par Ali - Publié dans : Articles de géographie
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Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /2007 19:44
Fiche de lecture :
 
A quoi sert le paysage ? Qu’est-ce qu’un beau paysage ?
Yves Lacoste.
Hérodote, n°7, 1977.
 
Yves Lacoste, professeur de géographie à l’université Paris VIII, est surtout le directeur de la revue Hérodote. Cette revue traite de géographie et de géopolitique ce que ce numéro 7 symbolise très bien.
Si de nombreuses théories sur le paysage existent, j’ai choisi de lire celle d’Yves Lacoste en premier lieu pour sa réputation et celle d’Hérodote puis très vite car j’étais intrigué par un aspect dont on parle peu qui est rarement associé au paysage c’est l’aspect militaire et stratégique des paysages. Aspect sur lequel revient avec insistance Yves Lacoste puisqu’en fait la quasi-totalité de ce numéro y fait référence ce qui devient d’ailleurs vite trop insistant. En effet, cela est parfois répétitif tellement tout est ramené à cet aspect stratégique du paysage.
Si Yves Lacoste a tout à fait raison d’expliquer et de souligner cela, les répétitions des explications font que l’on a parfois l’impression d’être dans une boucle où l’on revient parfois sur du déjà vu. Cela dit si la forme m’a parfois gêné, le fond met en avant des idées auxquelles je n’associais pas le paysage et qui pourtant paraissent immédiatement comme des évidences. 
Dans ce numéro 7 de la revue Hérodote, Yves Lacoste s’interroge sur la notion de paysage par le biais du « beau paysage ». Son analyse se contente d’abord d’émettre quelques interrogations puis de décrire l’histoire de l’émergence du beau paysage dans les mentalités de nos sociétés en finissant par ce qui paraît être une étrange association mais qu’il démontre très bien qui est celle de la stratégie militaire et du paysage.
Concrètement pourquoi trouve t-on un paysage beau ? Est-ce par notre conditionnement social, culturel ? Probablement mais pas seulement puisque dans la plupart des cas quelque soit l’origine social et la sensibilité culturelle on s’accorde tous sur les beaux paysages et ceux qui ne le sont pas : rares sont ceux qui trouvent beau un paysage où émergent les cheminées d’une centrale nucléaire ! Donc Yves Lacoste ne se lance pas dans une analyse sociologique avec enquête à l’appui pour comprendre quels sont les beaux paysages selon les classes sociales ? Non, il prend en compte des éléments concrets comme le point de vue, le lieu où l’observateur regarde le paysage. Ces points de vue se distinguent par leur large et profond champ de vision et ce sont donc généralement des points haut permettant d’avoir une vision dégagée sur le paysage alentour. Ces points sont très importants puisque selon où est situé l’observateur le paysage change, le champ de vision s’accroît ou se réduit et donc un même paysage peut être plus ou moins beau selon ce point de vue. D’ailleurs, personne ne s’y trompe ces points de vue panoramique apparaissent maintenant sur les cartes routières et touristiques et comme le souligne justement Yves Lacoste, la spéculation foncière forte en chasse les paysans pour y installer de belles villas dont la clientèle est prête à payer cher pour la vue. Il ne s’agit donc plus seulement d’esthétique mais d’un véritable enjeu de développement territorial. D’ailleurs c’est ce que met en évidence les différentes politiques publiques de ces dernières années comme la « loi paysage » de 1993 ou la création des parcs naturels régionaux qui répondent à cette dualité entre développement territorial et protection du patrimoine naturel et paysager, dualité d’ailleurs souvent difficile à gérer car souvent les intérêts sont antagonistes.
L’intérêt que porte au beau paysage, le tourisme et/ou la spéculation foncière est accentué et véhiculé par les médias et plus largement par toutes les formes de représentation des paysages qui ont conduit à l’émergence de ce concept de beau paysage. Si les premiers paysages représentés dans l’art pictural sont des paysages créés par les peintres dans leurs ateliers c’est avec l’impressionnisme que les paysages réels apparaissent enfin et avec eux l’esthétique du paysage prend de l’importance. Mais la photographie est l’élément déclencheur de la prise de conscience de l’esthétique du paysage. Alors que pendant longtemps les géographes eux-mêmes ont décrit des paysages de carte, qui ne sont pas les paysages réels observables à l’œil nu sur le terrain, la photographie a certainement permis d’éveiller l’intérêt pour les paysages réels, concrets.
Mais l’esthétique n’est pas le seul intérêt du paysage, en effet, les officiers militaires se sont toujours intéressés aux paysages puisque théâtre d’opérations militaires et la stratégie veut que celui qui maîtrise le terrain a un avantage certain. Mais quel rapport avec le beau paysage ? Yves Lacoste le montre par des exemples concrets comme l’intérêt que j’expliquai auparavant pour les points de vue. En effet, si ces points de vue offrent à l’observateur un magnifique et vaste champ de vision, ils offrent aux militaires un point stratégique d’observation qui domine les alentours permettant et de surveiller et de se protéger avec des sites fortifiés souvent présents sur ces hauteurs.
Un exemple plus concret encore, celui d’une vaste plaine aride : celle-ci n’a bien sûr aucun intérêt stratégique puisque le terrain ne propose ni défilés ni position de surplomb pour l’observation, mais celle-ci n’a aussi aucun intérêt esthétique de par sa monotonie. Cependant si dans cette même plaine émergent des pitons rocheux alors le militaire y trouvera un intérêt stratégique et l’observateur y verra un magnifique paysage par le spectacle de ces pitons, véritables colosses de pierre au milieu de cette vaste plaine. Ces exemples valent mieux que toute autre théorie complexe car ils sont concrets et parlent à tous et mettent en évidence l’aspect stratégique du paysage et par extension son aspect géopolitique.
Par tethys11 - Publié dans : Articles de géographie
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Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /2007 19:42
Fiche de lecture :
 
Les profondeurs des paysages géographiques.
Armand Frémont.
L’espace géographique, n°2, 1974.
 
 
Armand Frémont dirige la collection « Géographes » chez Flammarion et une collection de manuels de second cycle chez Bordas. Il fût professeur de géographie à l’université de Caen et directeur scientifique du CNRS pour devenir enfin recteur d’académie à Grenoble et Versailles. Il a réalisé de nombreux travaux sur la région de Caen et d’ailleurs le sous-titre de cet article est « Autour d’Ecouves, dans le Parc Naturel Régional Normandie-Maine ».
Cet article allie la théorie à la pratique puisque pour démontrer sa théorie du paysage, l’auteur la concrétise par l’exemple du pays d’Ecouves et par l’enjeu de la création du parc naturel régional Normandie-Maine.
 
La vision du géographe sur le paysage c’est longtemps réduite à un inventaire détaillé des formes et éléments le composant ainsi qu’à une « chronologie régressive de leur genèse » c'est-à-dire à analyser les traces visibles dans le paysage de son passé pour comprendre ce qui a conduit au paysage actuel. Cette vision oublie l’importance aujourd’hui accordée par tous à l’esthétique du paysage ainsi que la perception, l’interprétation subjective de l’observateur, comme le dit justement l’œil qui observe le paysage n’est pas « une lentille froide ».
L’auteur s’applique à décomposer ce qui rentre en compte dans la vision qu’a le géographe du paysage en décrivant le paysage d’Ecouves.
Longtemps les géographes n’étudiaient que le milieu, c'est-à-dire le relief, le climat et la végétation. Ces éléments fondamentaux conditionnent les formes du paysage. A cela s’ajoute évidemment les activités humaines qui en utilisant ce paysage le modifie considérablement.
Cela permet déjà de distinguer différents paysages-types comme une plaine alluviale et un plateau boisé…
Outre le milieu, Armand Frémont intègre l’imaginaire et les perceptions. Pour l’imaginaire il fait référence au paysage rêvé mais aussi au paysage mystérieux donnant un sentiment de peur comme les forêts souvent théâtre de contes fantastiques, de même le sentiment de solitude que l’on peut ressentir dans une forêt,bien qu’en fait entouré par la vie. Ces sentiments demeurent très subjectifs donc difficile à étudier et par là même peu mis en avant.
Il en va de même pour la perception, le regard subjectif que porte l’observateur différencie les paysages non plus matériellement mais dans l’esprit des individus : un même paysage dans la réalité, différents observateurs, différentes sensibilités donnent différents paysages. Le regard subjectif ne dépend pas seulement de la sensibilité mais aussi du rapport de l’individu avec le paysage, un paysan et un touriste ne vivent pas le paysage de la même façon et n’en attendent pas les mêmes choses. L’utilité du paysage comme outil de travail ou cadre de loisirs entraîne des perceptions différentes et des intérêts antagonistes. D’ailleurs le projet de parc naturel montre cet antagonisme puisque la majorité des agriculteurs de cette région semble défavorable à ce parc, par peur de ne plus pouvoir modifier le paysage qui pour eux est un outil de travail. Alors que le projet exalte les traditions du pays, la verdure purifiante, le calme opposé aux trépidations et pollutions de la ville, tout cela dans un but touristique. Cette vision du parc s’applique d’ailleurs au parc naturel régional Périgord Limousin qui met en évidence des valeurs d’autrefois comme les feuillardiers bien qu’aujourd’hui seul un ou deux feuillardiers travaillent encore justement pour ce tourisme ; on met aussi en valeur différents paysages comme le bocage et les massifs boisés, paysages vécus par les habitants comme des paysages communs puisque quotidiens et qui y redécouvrent un intérêt avec le coup de projecteur du parc. De même, bien souvent un paysage que l’on voit pour la première fois et que l’on verra rarement dans sa vie et ce dans le cadre de ses loisirs est toujours exceptionnellement beau, en tout cas plus beau que le paysage vécu au quotidien, c’est le dépaysement.
Un paysage est à la fois un espace et un observateur.
Par tethys11 - Publié dans : Articles de géographie
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Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /2007 18:37
Fiche de lecture :
 
Le Paysage.
François Béguin,
Coll. Dominos, Editions Flammarion.
 
C’est lors d’un colloque pluridisciplinaire sur ce thème, organisé par la faculté de Limoges que j’ai pu découvrir le paysage comme un objet scientifique. C’est pour approfondir cette approche pluridisciplinaire que j’ai choisi cet ouvrage puisqu’il présente le paysage selon 3 visions différentes : celle de l’artiste, du géographe et de l’architecte.
Cette approche est très intéressante puisque rare sont les notions qui touchent autant de disciplines. En effet, outre les trois citées précédemment on peut élargir ou détailler le champ de recherche à l’histoire, la biologie, la sociologie, la pédologie, la géologie… Cela montre parfaitement ce qui caractérise le paysage, système où se mêlent divers éléments ou comme l’exprime Vidal de la Blache : « caractère commun d’individualité », ce sont ces éléments qui d’eux même et par leurs relations font le paysage.
Cependant pour un même paysage, le regard qu’y porte l’artiste, le géographe et l’architecte sont différents. Si il semble évident que l’artiste s’attache aux formes et couleurs qui font le paysage ce qui prédomine pour lui c’est le sentiment, les émotions qui se dégagent du paysage qu’il regarde ; cette perception est donc essentiellement subjective. De plus, l’artiste voit le paysage à un moment passager que ce soit dans la journée (aube, crépuscule…) ou à une saison ou autre phénomène météorologique, il n’y a pas d’analyse ou de recherche du paysage dans un temps plus long. L’artiste ne voit pas le paysage comme un système mais comme la confluence d’une humeur, d’une atmosphère et d’un lieu.
C’est l’effet du paysage sur la perception de l’Homme qui est analysé.
Si l’artiste s’intéresse à un moment précis du paysage, le géographe ne s’en contente pas et cherche à comprendre ce qui crée ce paysage à cet instant T, cela inclut une analyse de l’évolution de ce paysage dans le temps et une analyse de la composition de ce paysage à cet instant T. Mais le géographe ne se coupe pas totalement de l’art puisque la photographie ou même des œuvres picturales peuvent devenir des outils de travail pour le géographe. De plus le géographe intègre le sentiment que dégage un paysage lorsqu’il s’agit de l’attachement, d’une identification des habitants locaux à un paysage emblématique, remarquable.
 Le paysage est un objet très intéressant à étudier pour le géographe puisque son analyse fait appel à des connaissances très hétérogènes.
Le paysage est pour le géographe un système où il est le résultat d’une combinaison d’éléments divers et de leurs interrelations en y ajoutant l’effet anthropique.
Cette anthropisation fait évoluer l’analyse du géographe au fil du XXème siècle, j’entends par là l’histoire technique et industrielle qui bouleverse les paysages au fil de ce siècle. Début XXème c’est l’époque de la grande école de la géographie régionaliste française pour laquelle un paysage est associé à un pays, autrement dit à cette époque chaque région possédait ses propres caractéristiques paysagères que ce soit par le bâti ou par le mode d’agriculture, dans le paysage se lisait l’adaptation des hommes à leurs milieux respectifs.
A partir du milieu du siècle, avec la forte mécanisation de l’agriculture et le développement des transports longue distance et par conséquent celui des échanges la forte hétérogénéité régionale des paysages tend à s’effacer.
N’ayant plus besoin de créer une autosuffisance les pays, les régions se spécialisent, l’agriculture mécanisée modifie les paysages en les rendant homogènes et certains paysages régressent fortement comme le bocage, les paysages perdent de leur identité.
De nos jours, le paysage est perçu comme le visage de la surface terrestre qui s’offre à un observateur. On distingue moins des paysages régionaux que des grandes structures paysagères ou paysages-types.
Pour le géographe le paysage est donc l’idée d’un état actuel avec des traces plus ou moins visible de l’état passé de l’espace qu’il observe, c’est un enchevêtrement de strates.
L’architecte s’intéresse au rôle joué par le bâti au sein d’un paysage et à son intégration au cadre naturel, la sensibilité est alors importante dans son observation.
L’architecture régionaliste, j’entends par là, le bâti spécifique, caractéristique de certaines régions, de certains terroirs s’intègre dans la géographie régionaliste.
Aujourd’hui ce bâti revêt un aspect traditionnel que les sociétés s’attachent à conserver dans cette optique de préservation d’un paysage hérité, ce paysage qui nous rappelle notre histoire, paysage auquel on s’identifie, à tel point que parfois seul le bâti demeure pour témoigné du paysage traditionnel que l’on souhaite conserver et parfois ce bâti peut à lui seul engendrer une identification au territoire c’est le cas à Toulouse avec le bâti de briques d’argile rosé caractéristique du paysage urbain toulousain.
Si le paysage des architectes emprunte parfois à la géographie l’idée que les bâtiments participent à la définition d’une identité régionale, il désigne aussi les aspects généraux du milieu terrestre et permet de penser l’effet architectural comme une résultante de l’interaction entre le bâti et son milieu.
Donc la problématique à laquelle l’architecte essaie de répondre est dans quelle limite les objets peuvent-ils s’intégrer au paysage ?
Si ce travail utilise une méthodologie artistique, l’architecte contrairement à l’artiste intervient directement sur le paysage.
A la suite de ces trois visions du paysage, l’auteur s’intéresse à l’objet paysage et plus précisément à sa confrontation avec deux siècles de progrès technique et de bouleversements dans nos sociétés.
D’ailleurs l’intérêt porté aux paysages s’accroît depuis que l’industrie et l’agriculture mécanisée ont sensiblement modifiées la physionomie de ces paysages.
L’auteur définit très justement le paysage comme une fragile cohésion dont un seul nouvel élément peut ébranler l’ensemble ou parfois s’intégrer progressivement. C’est le cas par exemple de la Tour Eiffel qui à l’époque de sa construction choquait mais qui peu à peu fut acceptée dans les mentalités des gens comme faisant partie intégrante du paysage parisien jusqu’à devenir aujourd’hui un des monuments français les plus visités.
J’aimerai conclure sur deux idées, la première est le fait que l’on soit passé d’un paysage utile, dont on exploitait les ressources et donc qui était préservé comme une source de vie à une gestion de l’image aujourd’hui avec par exemple la valorisation de paysages remarquables.
Enfin, une transformation majeure qui est l’homogénéisation des paysages avec seulement des reliques de régionalismes paysagers devenant plus des conservatoires de paysages témoins, valeurs d’autrefois.
Par tethys11 - Publié dans : Articles de géographie
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